Me connaître
« J’ai été un chercheur et j’en suis toujours un, mais j’ai arrêté d’interroger les livres et les étoiles. J’ai commencé à écouter l’enseignement de mon âme. »
Djalâl Al-Dîn Rûmi
Très tôt, je fus éveillée au soin et à la perception du subtil par mon grand-père médecin, acupuncteur, homéopathe et astrologue. Je compris avec lui que prendre soin de soi ne se limite pas au corps, et que la médecine conventionnelle peut s’ouvrir à d’autres formes d’intelligence du vivant. Cette coexistence m’a marquée et n’a jamais cessé de m’orienter.
Avec le temps, des études exigeantes et les débuts dans la vie active, je m’éloignais de cette sensibilité. Déterminée à prouver ma valeur, je consacrais toute mon énergie à réussir ma vie selon les modèles dominants de la société. Je me sentais portée par le goût du challenge et l’envie de bien faire. Pourtant, une sensation diffuse de manque m’habitait. Chaque nuit, je rêvais de terre rouge : un appel de l’Afrique, où je partis presque du jour au lendemain en m’engageant dans l’humanitaire.
Un déplacement du regard
Sur le terrain, confrontée aux réalités de crises que rien ne réduisait à un modèle connu, j’ai dû déplacer mes repères : apprendre à voir autrement, à écouter autrement, à rester présente à ce qui se passait réellement. Je pris aussi conscience de l’ampleur des crises liées aux dérèglements climatiques, et ressentis le besoin d’en explorer les causes profondes : nos modes de vie, nos systèmes économiques, nos choix individuels et collectifs.
De retour en entreprise, décidée à contribuer à l’émergence d’un modèle qui réconcilie performance et humanité, je ressentais pourtant quelque chose que je n’avais pas su nommer jusque-là : dans les comités de décision, les projets de transformation, les tensions collectives, un écart persistant entre ce qui était analysé et ce qui était réellement en jeu. C’est là que mon travail s’est précisé : non plus seulement sur les modèles ou les stratégies, mais sur ce qui, en amont, façonne la manière dont une situation est perçue et habitée.
À la source
En suivant ce fil, je commençai alors à percevoir que les déséquilibres du monde reflètent ceux que chacun porte en soi. Que l’écologie extérieure ne peut exister sans écologie intérieure, et que vouloir œuvrer pour un autre modèle de société nécessite de cultiver un véritable équilibre en soi.
L’idée de prendre soin de moi tout en adoptant un mode de vie pleinement respectueux du vivant fit alors son chemin. C’est à cette période que je découvris l’Ayurvéda, médecine ancestrale proche de celle que pratiquait mon grand-père, non comme une méthode à appliquer mais comme un cadre pour lire autrement les équilibres en jeu. Et à cette période, quelque chose d’autre s’imposa également : des capacités de perception subtile que je portais sans leur avoir encore fait toute leur place.
« Hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même. »
Djalâl Al-Dîn Rûmi
Initiée dans différentes traditions qui élargissent la compréhension de l’être humain et de son rapport au vivant, j’ai appris à reconnaître ce qui oriente nos choix et nos actions, au-delà du mental. J’ai développé les connaissances, les pratiques et le discernement nécessaires pour ne pas confondre perception et projection, et pour rester ancrée dans le réel même lorsque celui-ci devient plus subtil.
C’est dans cette continuité qu’est né le lieu Du corps à l’âme – Antony, un espace simple, chaleureux et ancré, où ce travail peut se vivre au contact du corps, du rythme et du vivant, et où je vous accueille.
Au plaisir de vous retrouver pour cheminer ensemble,
Charmille